Au rayon des laitages de nos supermarchés, le skyr, originaire d'Islande, connaît un engouement croissant et est désormais accompagné de nombreuses références hyperprotéinées. Si ces produits peuvent sembler attrayants, les nutritionnistes mettent en garde : tous ne se valent pas. Faut-il réellement les intégrer dans notre alimentation quotidienne ?
Le skyr : une option intéressante en version naturelle
Le skyr se distingue par sa fabrication à partir de lait écrémé et de cultures bactériennes, ce qui lui confère une texture épaisse et une richesse en protéines. "Un pot de skyr de 100 g contient plus de protéines qu'un œuf", souligne Marjorie Crémadès, diététicienne. Toutefois, la version commerciale de ce produit est souvent enrichie d'additifs indésirables tels que des épaississants et des édulcorants comme l'acésulfame K (E 950), associés à divers risques pour la santé. Marie-Laure André, nutritionniste, ajoute qu'"une étude récente a révélé un lien potentiel entre ces édulcorants synthétiques et une augmentation des risques de cancer".
À qui conviennent réellement ces produits ?
Le skyr peut être bénéfique pour certaines populations : les végétariens, les sportifs ou encore les personnes âgées ayant des besoins protéiques accrus. Cependant, il est déconseillé aux enfants, qui ont des besoins nutritionnels différents, notamment en matière grasse. "Ils consomment souvent déjà trop de protéines", fait remarquer Crémadès. Pour les adultes, un excès de protéines peut également nuire à la fonction rénale.
Un marketing qui peut induire en erreur
Avec la montée en popularité des produits laitiers hyperprotéinés, il est essentiel de garder un œil critique sur les étiquettes. De nombreux accompagnements, tels que ceux riches en sucre, n’ajoutent guère de valeur nutritionnelle. Les experts conseillent de consommer ces produits avec modération et de privilégier le skyr nature, à intégrer dans une alimentation variée et équilibrée. Enfin, selon Crémadès, "la différence de prix entre le skyr et des alternatives comme le fromage blanc à 0 % ne reflète pas toujours une réelle valeur ajoutée".







