Diminuer drastiquement son apport calorique pendant quelques jours par mois est-il vraiment synonyme de bonne santé ? Une étude américaine a récemment mis en avant le concept de « demi-jeûne », recommandant de réduire son nombre de calories à un tiers ou à la moitié des besoins habituels pendant cinq jours par mois. Mais cette approche est-elle véritablement bienfaisante ? Pour répondre à cette question, nous avons consulté Cécile Cottus, diététicienne et membre de l'Association Française des Diététiciens Nutritionnistes (AFDN).
Les enjeux du demi-jeûne : un risque réel ?
Opter pour un apport calorique réduit, passant de 2200 calories à 600-700 calories par jour sur cinq jours, peut créer un déséquilibre énergétique considérable. Ces cinq jours de restriction se traduisent par une ingestion totale de 3000 à 3500 calories, soit l’équivalent de la consommation d’un jour et demi. Cette situation entraîne souvent de la fatigue et une carence en nutriments essentiels, perturbant ainsi le bon fonctionnement de l'organisme.
Qu’en est-il de la composition de ce régime ?
Le protocole suggéré consiste principalement en des bouillons de légumes et des infusions de camomille. Cependant, cette alimentation liquide complique l'absorption optimale des nutriments par l'intestin. De plus, ces bouillons apportent des glucides, mais souffrent d'un manque de protéines et de lipides, essentiels à une nutrition équilibrée. Notre corps a besoin d'acides aminés que seul un apport protéique adéquat peut fournir.
Un régime déséquilibré peut-il nuire à votre santé ?
Manger principalement des glucides implique un risque de créer un effet yoyo dans la gestion du poids. Bien qu'il soit possible de perdre quelques kilos, cela peut entraîner une reprise rapide, souvent avec des kilos supplémentaires. Il est également connu que cette approche peut contribuer à une perte de masse musculaire, quelque chose que l'on souhaite éviter.
Les véritables enjeux de la santé face au demi-jeûne
Bien que cette étude n'ait pas été conçue pour entraîner une perte de poids, les recommandations concernant l'alimentation post-demi-jeûne, qui laissent libre cours à tous les excès, risquent de compromettre les améliorations potentielles sur le plan santé. Adopter des habitudes alimentaires saines tout au long de l'année est préférable à cette approche d'alternance zwischen restriction et excès. Manger équilibré, c’est ce que nos diététiciennes préconisent au quotidien pour éviter les troubles de santé tels que le diabète ou les maladies cardiovasculaires.
Merci à Cécile Cottus, diététicienne et membre de l'ADFN.







