On croit souvent que la vitamine C, que l'on retrouve dans des fruits comme l'orange, pourrait nuire à notre capacité à dormir. Mais qu'en est-il réellement ? Pour en savoir plus, nous nous sommes tournés vers Laurent Chevallier, nutritionniste à Montpellier.
Cette idée selon laquelle la vitamine C affecte notre sommeil a des origines historiques. Dans les années 30, une notice concernant un complément de vitamine C avertissait de ne pas le prendre en fin de journée, sous prétexte qu'il pouvait avoir un effet stimulant. Cela a entretenu une perception selon laquelle cette vitamine pourrait garder alertes. En réalité, de nombreuses études montrent qu'il n'existe pas de lien direct entre la consommation de fruits et le sommeil perturbé, même chez les personnes ayant ingéré de fortes doses de vitamine C au coucher.
Consommation à des niveaux sains
Pour mettre les choses en perspective, un fruit moyen contient environ 40 mg de vitamine C. Même si vous consommez deux fruits, la quantité reste faible, soit 80 mg, bien en deçà du seuil à partir duquel la vitamine C pourrait avoir un effet stimulant. "Pour ressentir un effet, il faudrait consommer environ 12 oranges d'un coup !" alerte Laurent Chevallier. En réalité, les véritables risques proviennent plutôt des compléments alimentaires riches en vitamine C.
Écoutez votre corps
Des recherches ont même établi que des individus ayant absorbé jusqu'à 4 g de vitamine C avant de dormir n'ont pas rapporté de difficultés de sommeil. Néanmoins, chaque personne est unique. Certains peuvent être plus sensibles à la vitamine C. "Il est essentiel de connaître sa propre sensibilité. En cas de troubles du sommeil, il est souhaitable de ne pas en consommer trop, mais les fruits au dîner ne posent aucun problème," précise le spécialiste.
Il est fondamental de rappeler que la vitamine C joue un rôle primordial dans notre santé : elle combat la fatigue, aide à prévenir les infections et lutte contre le vieillissement. Plutôt que de la diaboliser, il serait plus judicieux de l'intégrer de manière équilibrée à notre alimentation, sans crainte exagérée quant à son impact sur le sommeil.
Merci à Laurent Chevallier, nutritionniste à Montpellier.







