Méfiants envers la cantine scolaire, de nombreux parents se tournent vers la lunch box, cette boîte individuelle contenant le repas du midi. Ce choix, motivé par des préoccupations alimentaires, est en pleine expansion. Nous faisons le point avec des experts.
Qualité des produits et coûts à la cantine
Une critique souvent entendue dans les cours de récréation est : "Je n'aime pas la cantine, c'est pas bon". Les enfants expriment leur mécontentement quant aux plats proposés. Dans son enquête révélatrice, Le Livre noir des cantines scolaires, la journaliste Sandra Franrenet s'attaque à la qualité des aliments servis. Elle souligne l'utilisation croissante d'aliments ultra-transformés, riches en sucres, sels et additifs, qui nuisent à la santé des enfants. Cette consommation excessive est liée à des problèmes de santé tels que l'obésité infantile et d'autres maladies chroniques.
Marie-Line Huc, diététicienne-nutritionniste, explique que les produits transformés sont souvent moins chers que des plats élaborés avec des ingrédients frais. Par exemple, un bœuf bourguignon préparé à l’avance permet aux cantines de réduire les coûts tout en assurant une gestion efficace des portions. Face à ces choix économiques, de nombreux parents privilégient la lunch box.
Lunch box, reflet de la disparité dans les cantines
Le choix de la lunch box trouve également son origine dans les inégalités de qualité au sein des cantines scolaires. La gestion des cantines varie selon les niveaux d'enseignement et les municipalités. Par conséquent, certaines proposent des repas à base d’ingrédients biologiques et locaux, tandis que d'autres ne proposent que des plats standards, sans possibilité de choix.
Dans le collège privé Notre-Dame à Alençon, l'option lunch box est devenue la norme, avec 70% des élèves la préférant aux plateaux-repas de la cantine. Les parents ont ainsi la possibilité de fournir à leurs enfants des repas qu’ils considèrent plus sains. Cependant, dans le secteur public, les parents ne peuvent, en théorie, remplacer les repas de la cantine par des lunch boxes, sauf en cas de dérogation pour des situations médicales spécifiques.
Une vision partagée des professionnels
Cependant, certains experts expriment leurs réserves face à cette tendance. La psychologue pour enfants Florence Millot met en garde contre une éventuelle rupture d’égalité entre les élèves, ceux dont les parents peuvent consacrer du temps à préparer des repas faits maison risquant de se retrouver avantagés. Anne-Laure Meunier, diététicienne, souligne également que les menus des cantines sont élaborés par des professionnels, ce qui garantit un équilibre nutritionnel difficile à reproduire à domicile.
Enfin, la directrice du collège Notre-Dame rappelle l'importance de conserver la cantine : "Si un élève oublie son repas, il peut tout de même bénéficier d’un déjeuner". Pour Franrenet, la solution ne réside pas dans la lunch box, mais plutôt dans une meilleure qualité des repas proposés dans les cantines. Il est crucial de revendiquer des changements d'envergure plutôt que de céder à une solution individuelle.







