Au printemps dernier, une start-up et une université suédoises créaient une boisson végétale à base de pommes de terre épicuriennes. Ce produit a même été primé aux World Food Innovation Awards. Mais que vaut vraiment cette innovation ?
Fait surprenant, un nouveau prétendant vient de faire son apparition sur le marché des boissons végétales : le lait de pommes de terre. Résultat d'une collaboration entre la start-up DUG et l'université de Lund, cette boisson a été lancée en 2021 et a raflé le prix du meilleur produit sans allergènes lors des World Food Innovation Awards, mettant en lumière son potentiel.
Des atouts impressionnants
La start-up avance plusieurs arguments convaincants en faveur de son "lait". Premièrement, il ne contient aucun des 14 allergènes les plus courants, tels que le soja, le lactose ou le gluten. Selon le site de DUG, opter pour cette boisson permettrait de réduire son empreinte carbone de 75 % par rapport au lait de vache. Bien que pour l'heure, le lait ne soit disponible qu'en Suède, au Royaume-Uni et en Chine, il mérite une attention particulière.
Un intérêt nutritionnel ?
D'un point de vue nutritionnel, l'utilisation de la pomme de terre pour élaborer une boisson peut sembler inhabituel, mais cela a son sens. Ce féculent est riche en potassium, essentiel au bon fonctionnement musculaire et cardiaque, comme l'explique Hélène Lemaire, diététicienne. Le potassium, substance alcalinisante, aide à équilibrer l'acidité dans le corps, faisant de la pomme de terre une alliée dans certaines traditions culinaires et remèdes anciens.
Cependant, il y a des limites à considérer. Le lait de pommes de terre a une faible teneur en protéines : seulement 2 grammes pour 100 grammes de tubercule, comparé à 22,6 grammes pour les amandes et 37,2 grammes pour le soja. De plus, lors de la transformation, la boisson est diluée dans l'eau, réduisant encore plus sa valeur nutritive. Enfin, son index glycémique est élevé, atteignant environ 95, résultant en grande partie de la cuisson.
Une option durable ?
Dans une interview avec The Telegraph, Thomas Olander, directeur général de DUG, a affirmé que la production de lait de pommes de terre nécessitait 56 fois moins d'eau que celle des amandes et moitié moins que le lait d'avoine. En effet, la culture des amandes est particulièrement gourmande en ressources, tout comme celle du soja, qui contribue à la déforestation dans certains pays.
Cela dit, cet avantage environnemental doit être nuancé. Les pommes de terre sont souvent traitées avec des pesticides et d'autres produits chimiques pour retarder leur germination, d'où l'importance de privilégier les variétés biologiques.
En attendant son arrivée en France, il est conseillé aux personnes intolérantes au lactose d’opter pour du lait de vache sans lactose ou d'autres laits végétaux en vérifiant attentivement les ingrédients. Le lait de pommes de terre DUG contient plusieurs additifs, transformant ce produit en une option précieuse mais potentiellement moins saine du fait de sa transformation industrielle.







