Une récente étude française met en lumière les dangers que représente la consommation d'aliments ultra-transformés, y compris un risque accru de décès. Ce nouveau rapport souligne les effets néfastes sur la santé d'un mode alimentaire largement répandu.
« C'est une étape importante dans les recherches sur l’impact des aliments ultra-transformés sur la santé », a déclaré Mathilde Touvier, directrice de l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle à l’Université Paris 13. Publiée dans le Jama Internal Medicine le 11 février, l'étude, réalisée en collaboration avec des scientifiques de l'Inserm, de l'Inra et du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), démontre un lien direct entre la consommation de produits ultra-transformés et le risque de mortalité.
Hausse de la mortalité
Précedemment, l'équipe de recherche avait déjà établi un lien entre ces aliments et un risque accru de cancer. En s'appuyant sur la cohorte NutriNet-Santé, créée en 2009, les chercheurs ont étudié les données de 44 551 adultes de plus de 45 ans, majoritairement des femmes. Les participants devaient enregistrer leurs habitudes alimentaires sur trois journées de 24 heures, tous les six mois. Les résultats montrent que les aliments ultra-transformés constituaient 14,4 % de l'alimentation des participants, représentant 29 % de leur apport calorique total.
Après sept ans de suivi, 602 décès ont été enregistrés, dont 219 liés au cancer. Les analyses indiquent qu'une augmentation de 10 % de la consommation d'aliments ultra-transformés est associée à une hausse de 14 % de la mortalité. Toutefois, Mathilde Touvier souligne l'importance de ne pas céder à la panique : « Dire qu'en consommant un plat préparé, on augmente le risque de mourir de 15 % serait alarmiste ».
Inquiétudes autour des additifs alimentaires
Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour établir des relations de cause à effet, la corrélation entre les aliments ultra-transformés et divers risques pour la santé devient de plus en plus évidente. Les scientifiques évoquent plusieurs hypothèses : ces produits, qu'il s'agisse de plats préparés, de céréales ou de gâteaux, sont souvent riches en sels, sucres et graisses saturées, tout en étant pauvres en vitamines, fibres et micronutriments. Ils contiennent également des additifs tels que colorants et conservateurs, qui ont déjà été associés à des risques sanitaires.
L’équipe de recherche poursuit également des investigations sur les effets des additifs alimentaires, en utilisant la même cohorte NutriNet-Santé. Les chercheurs évaluent les impacts de ces substances individuellement et en combinaison, explorant ce qu'ils appellent un potentiel « effet cocktail ». En attendant davantage de résultats, Santé publique France recommande de limiter la consommation d'aliments gras, salés, sucrés et ultra-transformés, tout en encourageant à « cuisiner avec des produits bruts autant que possible ».







