La France « mandibule », un véritable sport national surtout sur nos écrans.
C'est incroyable de constater à quel point la gastronomie occupe une place centrale dans notre quotidien, surtout dans les programmes télévisés. Deux nouvelles émissions de télé-réalité, l'une sur M6 et l'autre sur TF1 à venir, nous plongent dans un univers de mélodrames culinaires, où larmes et joie s'entremêlent autour de plats divers. Ce phénomène culinaire, que l'on pourrait appeler « la France mandibule », est un reflet d'une quête de chaleur humaine et d'authenticité. Le besoin de partage et de convivialité est palpable, et même ceux qui ne mangent pas se retrouvent au cœur de cette mise en scène. Les acteurs et modèles, lorsqu'ils voient un objectif, n'hésitent pas à se mettre à table pour prouver leur normalité, comme pour montrer qu'ils ne sont pas devenus des figures irréelles.
Le simulacre du goût
Une revue féminine, _Grazia_, a trouvé le terme parfait pour qualifier cette tendance : « food air ». Comme de nombreux spectacles étrangers, ce phénomène incarne un mimétisme du plaisir culinaire. Pas besoin d’être un expert pour le remarquer dans les restaurants à la mode, où ces icônes de la consommation affichent des gestes de délectation, souvent en choisissant des plats particulièrement consistants. De la soupe aux carottes à la vanille au carpaccio de saint-jacques, les choix ne manquent pas, mais le spectacle semble l'emporter sur le plaisir authentique. Cela n'empêche pas ces jeunes femmes de retourner en privé à une diète contraignante, tout en continuant à entretenir ce simulacre devant les caméras.
Une réflexion sur notre époque
Tandis qu'elles partagent un thé citron-gingembre, il est intéressant de penser à la citation d'Émile Cioran dans son essai _De la France_ : "Quand on ne croit à rien, les sens deviennent religion. L’estomac devient finalité." Cela nous amène à réfléchir : lorsque la gastronomie se transforme en rituel, que remplace-t-elle ? Les aliments deviennent-ils vraiment plus importants que les idées ? Pour ceux qui souhaiteraient explorer ce lien entre gastronomie et culture, une adresse à retenir : Non Solo Cucina, un restaurant sicilien dans le XVIe arrondissement de Paris, dirigé par Giuseppe Messina. Pour environ 30 €, vous pourrez déguster des plats raffinés, comme des pâtes papillon à la pistache et à la pancetta, ou un dessert innovant à base de courgettes et de fromage de chèvre.







