Senderens ne fait pas brasserie.
Lorsque les chefs commencent à partager leurs réflexions, ils ont souvent tendance à inclure trop de détails. Alain Senderens, aujourd'hui âgé de 70 ans, a su se délester de ses distinctions, renonçant à ses trois étoiles le 24 mai 2005. Cette décision audacieuse lui a permis d'explorer de nouvelles voies culinaires, avec l'annonce d'une brasserie (de luxe) qui a fait frémir le milieu gastronomique. Au fil du temps, l'image de la brasserie a perdu de son éclat, et de nombreux établissements peinent à retrouver leur identité, oscillant entre traiteur amélioré et gastronomie accessible.
Le restaurant d'Alain Senderens, situé au 9, place de la Madeleine à Paris, dégage une atmosphère singulière, accentuée par les mélodies de Miles Davis. En parcourant son site, on découvre un message clair : ce n'est ni une brasserie, ni un bistrot, mais un « restaurant de haute qualité ». Cette clarification est peut-être superflue, car la brasserie reste une expérience culinaire enrichissante. Chacun est libre de ses choix, comme ce dimanche où nous avons opté pour un plat unique. La raviole ouverte de homard à la vanille, accompagnée de jeunes pousses d'épinard, s'est révélée exquise, bien que son prix de 45 € en fasse l'un des plats les plus onéreux de la carte.
D'autres options incluaient les saint-jacques rôties, agrémentées de poireaux grillés et de câpres (39 €). En ajoutant un vin du Languedoc à environ 35 €, l'expérience s'est avérée à la fois savoureuse et satisfaisante. Le service, empreint de l'élégance des grandes tables, témoigne de l'esprit brasserie que Senderens souhaite incarner. La dynamique entre le client et le restaurateur demeure essentielle ; à une époque où les attentes culinaires évoluent rapidement, le défi est d'être attentif aux désirs variés des convives. Dans ce contexte, les véritables valeurs de la gastronomie moderne se dessinent : un mélange de tradition et d'innovation, où l'art de recevoir reste roi.







